Convoquer Les Croisades au début d’un nouveau siècle, d’un nouveau millénaire. Rendre Le Mal Absolu le plus quotidien possible, normal, au nom de la défense de La Civilisation, au nom de la dénonciation du Mal Absolu, mais l’Autre. Voir proliférer les Majuscules, mais sans la poésie désuète des textes baroques.
Révélation.
Réécrire la réalité. Dénicher des spécimens textuels spécifiques, guidé par une contingence contrainte, une sérendipité orientée. Cap sur une projection inédite de la sphère planétaire, ou plutôt écartée, minoritaire. Quel est l’état des connaissances à un moment T, ou plutôt R comme réactionnaire, sur l’Évolution, les hominidés, les hominines, les homo sapiens ? Relire l’histoire, mais documentée par d’autres, tenter de se percevoir en les écoutant. Quels sont les témoignages, les recherches, les enquêtes qui permettent de voir d’un autre jour, d’autre point de vue, la modernité occidentale, la Weltanschauung en apparence hégémonique ? Dépasser la fiction qu’elle se raconte d’elle-même et observer ce qu’elle fait, ce qu’elle dit parfois sans déguisement ni maquillage, et expérimenter toute appartenance comme un encombrement. Définition temporaire du sac de nœuds dynamique du réseau d’identités qui fabrique de « l’identité », qui réécrit à chaque instant « l’identité ».
Réécrire la réalité, non pas pour s’évader, mais rejoindre les résistances, les effort d’émancipations.
En réalité, réécrire la réécriture de la réalité. Et recommencer sans cesse, des ruptures en continu, sentir le plancher se dérober à mesure qu’il se construit. Conserver le droit à la simplification, à l’erreur manifeste donc (qui ne s’oppose pas à la vérité, mais à l’erreur subtile), afin d’agir et de voir les autres agir, et les accompagner ou s’y opposer, ou simplement laisser faire.
Ce texte est une forme de réaction, de dérive improvisée du billet d’Arthur Perret : réécrire la réalité. J’ai pris conscience que c’est à peu près ce que je cherche à faire en lisant et ça me donne la motivation de continuer, malgré le fait que ce processus me fait vivre dans un décalage constant, qui va s’aggravant. Une forme de solitude, bien que je ne sois pas le seul, loin de là. La preuve : existe du matériel imprimé qui me donne les moyens de réécrire le réel.