La semaine bientôt passée

Graminées et bosquets dans la lumière rasante du matin en campagne genevoise, avec le jura au fond.

Cette semaine, je me suis dit que je n’avais pas beaucoup écouté de musique, mais pour finir, il y a quand même de quoi faire une petite liste :

J’ai repris la lecture de Français et africains ? Être citoyen au temps de la décolonisation de Frederick Cooper, dans une traduction Christian Jeanmougin. C’est une vidéo de Histoires crépues qui m’a signalé ce titre. Sur la fin et au sortir de la 2e guerre mondiale (ou la fin de la grande guerre civile européenne), l’empire français est à reconstruire, alors que la France a en grande partie été sauvée par ses colonies, par ses colonisés. Aussi, les rapports de force ont été un peu modifiés. Le livre reprend les discussions dans et autour de l’assemblée constituante, sur les sujets de l’union française, ou de la fédération, ou de l’empire, ou alors celui de la citoyenneté, unique ou différentiée, avec un suffrage universel (avec ou sans les femmes ?), ou alors avec un suffrage indirect pour les colonisés, etc. Ce qui est surprenant, c’est que bien plus de possibilités sont envisagées que ce qu’on pourrait imaginer aujourd’hui, qu’une bonne partie des colonisé-es veulent bien rester français-es, si c’est l’être tout autant en droit, et pas seulement en qualité, que les métropolitain-es. Et on ne peut s’empêcher de voir que l’aile libérale et humaniste occidentale aimerait bien pouvoir continuer à vendre de la verroterie (être citoyen, mais sans les droits qui vont avec, ou alors des droits amoindris, qui ne remettent pas en cause la supériorité politique de la métropole) contre l’accès aux ressources et au travail. Voir qu’il est si difficile aux civilisés qui donnent des leçons à tout le monde, en 1946, d’abandonner le travail forcé (une forme d’esclavage) est remarquable. Relire le Discours sur la colonisation de Césaire.

Au marché, chez les maraîchers qui vendent eux-mêmes leur production bio et locale, il y avait :

Ce n’est pas visible, alors je l’explicite, mais cette liste de produits qui font se sentir vivant est là pour dire qu’on a vraiment besoin d’une sécurité sociale de l’alimentation. Ce sont ce genre de disruption que l’on demande. C’est pourtant pas compliqué.