Le 4 mars 2026

En fin d’après-midi, après la journée à faire rentrer un peu d’oseille, je suis allé courir. Avec un peu d’appréhension, parce que d’une part c’est toujours un peu plus dur pour moi en fin de journée et que d’autre part, comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas au mieux de ma forme. Ça c’est passé mieux que prévu, le début a été un peu difficile, puis les petites foulées m’ont emportées, la pensée s’est déroulée, c’était toujours un peu difficile, mais plaisant. C’est l’essentiel. On peut même dire une chance inestimable. Tout simplement.

J’ai croisé un ancien collègue, un ancien chef. Il est à la retraite et semble vivre sa bonne vie. On s’est toujours croisé en courant.

J’ai aussi croisé des oiseaux. Surtout entendu : fauvettes à têtes noires, verdiers d’Europe, merles noirs, rouges-gorges familiers, mésanges charbonnières et peut-être des bleues, pinsons des arbres, troglodytes mignons, pics épeiches (dont un vu), vu voler un pic vert, vu une bergeronnettes des ruisseaux en cherchant un troglodyte mignon, étourneaux sansonnets, corneilles noires, corbeaux freux. Une chouette sortie.

En rentrant et en passant sous les nids d’une partie de la colonie de corbeaux freux du quartier, je les regardais comme profiter des derniers rayons de soleils et je me suis dit, comme souvent, heureusement qu’il y a les oiseaux. Ils permettent de se décentrer, d’oublier le fracas de la sphère informationnelle, au moins pour un instant.

Parce que les nouvelles venues de la modernité occidentale tardive, sont de plus en plus impossibles à traiter. Hier, je parlais de ce texte outrancier qui avait, parait-il, fait son buzz. Aujourd’hui, Arthur Perret parle sur son blog de la même thématique, sur la base de textes qui semblent plus sérieux. Mais le sont-ils ? Les ingénieurs sont-ils vraiment bien placés pour comprendre ce qui est à l’œuvre ?

J’ai réalisé, ou plutôt j’ai écarté mon incapacité à me faire une idée, que la question n’est pas tellement de savoir si les petits bourgeois vont se faire remplacer par des LLM, ce rêve humide de propriétaires des moyens de production. La question reste la même que depuis quelques siècles : je pense qu’il n’y a pas d’autre choix que de s’engager pour des sociétés égalitaires et pluriverselles, au local comme au global. Une sacrée lutte, à n’en pas douter.

Je retombe sur la conclusion de hier, sur un autre ton.

D’autant que ce n’est qu’un élément parmi d’autres et des autres autrement plus préoccupants.

Rédigé en écoutant DJ Shadow, Our Pathetic Age.