iGor milhit

2020, semaine 26

Peu ou trop de choses, cette semaine, selon l’angle, l’émotion ou la mesure. Et tout ne peut être dit, du moins pas encore. Quel mystère, peut-être de le taire tout à fait aurait été préférable.

Jeanne a acheté un ballon de basket, c’est amusant. Hormis quelques paniers lors de l’été 2016, je n’ai pas touché ce type de balle depuis à peu près 25 ans, et franchement, c’est plus tellement de l’âge de mes rotules. Comme le contexte est surtout de prendre un peu de plaisir autour d’un panier, j’ai tout le loisir de faire attention à mes genoux. Et après deux séances, ça va déjà un peu mieux. Deux séances ? Oui, deux séances, d’à peine une heure, mais elles m’ont remis un peu en mouvement, permis de partager un moment sympathique, et c’est bienvenu.

J’ai aussi eu l’occasion d’aller me faire couper les cheveux, et ça faisait bien longtemps – depuis l’automne dernier, ce changement de tête me fait également du bien, du même ordre que ces tirs au panier, une expérience de soi qui se déplace, se décale. Tant mieux. J’ai également apprécié la discussion avec la coiffeuse, qui m’a décrit ce que c’est de porter un masque toute la journée, malgré la chaleur et le travail. Elle le porte aussi dans les transports publics, donc de 07:00 à 20:00 presque sans discontinuer, ce qui doit être en effet fatiguant. Merci donc, à toutes ces personnes qui font un effort substantiel pour protéger les autres.

Récemment, on m’a signalé l’existence de farines particulières, qui ont éveillé ma curiosité. J’ai notamment remarqué qu’ils vendent du pain pur engrain, qui selon toute apparence n’est pas réalisé au moule. J’ai donc eu envie d’essayer avec la farine d’engrain de l’Abbaye de Presinge. Par prudence, je suis parti sur une hydratation d’environ 63 %, et c’était une bonne idée, le paton était très collant et dur à pétrir1, lui donner de la structure a pris du temps et de la patience. Par contre, au pointage et à l’apprêt, il a pris un volume appréciable. De même à la cuisson.

Pain d’engrain au sortir du four

Pain d’engrain au sortir du four

Au final, je suis très content de cet tentative, le pain qui en a résulté est (bientôt était) vraiment bon, avec une texture incroyable. Et j’en suis particulièrement surpris, parce qu’on ne peut pas dire que j’ai géré la cuisson très précisément. Parfois, le flou fonctionne aussi.

En ce moment, je suis en train de lire Ni cru ni cuit2, un livre sur les aliments fermentés, d’un point de vue historique (et donc y compris la préhistoire, aujourd’hui ça me semble étrange de vouloir parler de l’évolution d’une chose aussi fondamentale que l’alimentation sans prendre un peu de recul), mais aussi mythologique, symbolique, anthropologique et technique. C’est passionnant, et très bien référencé3.


  1. J’utilise la technique expliquée dans cette vidéo de l’École internationale de boulangerie (EIDB) : https://www.youtube.com/watch?v=FkvjdqkZWqg ↩︎

  2. FRÉDÉRIC, Marie-Claire, 2014. Ni cru ni cuit : histoire et civilisation de l’aliment fermenté. Paris : Alma éd. ISBN 978-2-36279-107-9. ↩︎

  3. J’aurais toutefois apprécié un système moins compliqué qu’une note en fin d’ouvrage, contenant juste l’auteur et la date, qui renvoie à la bibliographie. ↩︎